Une nouvelle immunothérapie pour le traitement des infections nosocomiales

Une collaboration entre des chercheurs de l’Université de Wurzbourg et du Centre de recherche Helmholtz en infectiologie de Brunswick a permis de découvrir un nouveau traitement contre les infections nosocomiales causées par les staphylocoques dorés (Staphylococcus aureus). Leurs travaux ont été publiés en ligne dans la revue scientifique « Antimicrobial Agents and Chemotherapy  » le 18 octobre 2010.

 

Les bactéries de l’espèce staphylocoque doré peuvent être retrouvées sur la peau de nombreuses personnes, sans que celles-ci en soient affectées. Cependant, lorsque des individus au système immunitaire affaibli y sont exposés, une septicémie potentiellement mortelle peut se produire. Chaque année en Europe, plus de quatre millions de patients contractent une infection lors d’un séjour à l’hôpital, la plupart étant causées par des staphylocoques dorés. Certaines souches de cette espèce sont en effet devenues résistantes aux antibiotiques .autrefois utilisés pour les combattre. Une des souches les plus problématiques aujourd’hui est le SARM, Staphylococcus aureus résistant à la méticilline, antibiotique de la famille des pénicillines.

 

Les chercheurs ont donc essayé de développer un nouveau type de traitement contre ces bactéries multi-résistantes. Leur idée était d’activer les mécanismes de défense immunitaire de l’hôte contre les staphylocoques dorés en utilisant des anticorps. Un anticorps spécifique peut en effet se fixer à une protéine spécifique. Si cette protéine est située à la surface d’une bactérie, l’anticorps est alors fixé à celle-ci. Si plusieurs anticorps recouvrent la bactérie, son activité peut être neutralisée. Dans le meilleur des cas, les anticorps peuvent même déclencher la destruction du microbe par les cellules du système immunitaire. Dans le cas présent, des anticorps dirigés contre la protéine IsaA ont été injectés à des souris. IsaA se trouve à la surface de nombreuses souches de staphylocoque doré, dont le SARM. Après injection de l’anticorps chez des souris infectées, les scientifiques ont montré que leur système immunitaire avait été activé, les bactéries éliminées et les souris traitées efficacement.

 

Les chercheurs espèrent à présent pouvoir débuter des essais cliniques pour prouver l’efficacité de cette thérapie sur l’homme dès la fin 2012. La prochaine étape est la création d’une entreprise, SmartmAb, qui assurera l’adaptation de l’anticorps de la souris à l’homme.


Contacts :

  • Publication complète de l’étude : http://aac.asm.org/cgi/content/abstract/AAC.01144-10v1
  • Dr. Udo Lorenz -Clinique chirurgicale de l’Université de Wurzbourg – tél : +49 931 201 38314 – email : u.lorenz@mail.uni-wuerzburg.de
  • PD Dr. Knut Ohlsen – Centre de recherche Helmholtz en infectiologie – tél : +49 931 31-82155 – email : knut.ohlsen@mail.uni-wuerzburg.de

Sources :

Dépêche idw 28/10/2010 , communiqué de presse de l’Université Julius Maximilians de Wurzbourg

Rédacteur :

Claire Cécillon, claire.cecillon@diplomatie.gouv.fr – Science Allemagne