L’Etat de Thuringe est un des nouveaux Etat intégrés après la chute du Mur à la République Fédérale Allemande. Il jouit d’une situation centrale en Allemagne et en Europe. Sa capitale, Erfurt, se trouve en effet à 839 km de Paris, 838 km de Varsovie, 799 km de Stockholm, 766 km de Londres, 635 km de Berne, 629 km de Vienne, 597km de Copenhague, 550km d’Amsterdam et 354km de Prague. La Thuringe est connue pour être la patrie de la Bratwurst (saucille grillée). C’est une des destinations de vacances privilégiées des allemands, notamment en hiver. Sa situation centrale est renforcée par un solide réseau de transport routier est-ouest et nord-sud.
D’une superficie de 16 171,8 km2, soit 4,5% de la superficie totale de l’Allemagne, la Thuringe comptait 2.278.136 habitants (en 2008), soit 2,7% de la population totale de l’Allemagne. La Thuringe, avec ses 143 habitants/km², est donc relativement peu peuplée. Cela tient à sa longue tradition agricole (8 028 km² de surface agricole exploitable) et forestière (5 406 km² de forêts et bois). Les principales villes de Thuringe sont :
(D’après un recensement de 2007)
Dominée par les Francs et les Saxons de 628 (Dagobert) à 1046, la Thuringe se trouve ensuite sous régence de la dynastie des Ludwig de 1040 à 1242. Vient ensuite une longue période de régence sous la dynastie des Wettin et des Wettin-Ernest jusqu’en 1826. Goethe fut l’un des plus célèbres habitants de la Thuringe. Il résida à Weimar de 1775 à sa mort en 1832. En 1871, l’état de Thuringe entre dans l’empire allemand. En 1990, le land de Thuringe devient membre de la République Fédérale Allemande avec pour capitale Erfurt.
La Thuringe est dirigée par le ministre-président Dieter Althaus (CDU) depuis le 5 juin 2003. Il succéda à M. Bernhard Vogel, qui dirigeait le Land depuis 1992. Depuis la réunification, le Land de Thuringe n’a cessé de réaffirmer sa tradition CDU. Les priorités du gouvernement actuel sont l’économie, la famille et l’éducation.
L’un des principaux centres industriels allemands pendant des décennies, la Thuringe, réputée pour la construction automobile et l’optique, a connu une progression de son PIB de 17 % entre 2001 et 2008. Son taux de croissance réel n’enregistre depuis cette période faste que de faibles hausses (0,5% en 2005 – 3,8% en 2006 – 3,5% en 2007 – 2,7% en 2008). Le secteur primaire a été fortement restructuré à l’issue de la réunification. On estime ainsi que, dans le secteur de l’agriculture, entre 1989 et 2000, le nombre de personnes employées a diminué de plus de 85%. Les caractéristiques principales du secteur primaire en Thuringe sont les mêmes que dans les cinq autres nouveaux Länder : une agriculture très subventionnée et des exploitations de très grande superficie. Plus que dans les autres nouveaux Länder, le poids des activités de services se confirme. La Thuringe cherche à asseoir sa croissance sur ce nouveau type d’activités ainsi que sur le développement des industries de pointe. Toutefois, le secteur secondaire (hors BTP) demeure le principal pôle d’activité (27,7% du PIB en 2003) et ne cesse de s’accroître : la densité d’actifs employés dans le secteur industriel a augmenté de 27% entre 2000 et 2007 (54 pour 1.000 habitants), ce qui place le Land en 9ème position, devant tous les nouveaux Bundesländer et Hambourg.
En 2008, le PIB réel par habitant s’élevait à 21 875 € – la Thuringe venant en queue de peloton juste devant le Brandebourg (21 721€/hab.) et le Mecklembourg-Poméranie antérieure (21 439 €/hab.) – et la productivité réelle par actif se situait à 78,5% du niveau moyen en Allemagne (55 421 €/actif).
En Thuringe, l’innovation est une tradition. De nombreuses entreprises prometteuses s’y sont développées, la plupart dans des domaines tournés vers l’avenir. Les premières entreprises comme Mühl AG à Kranichfeld, Jenoptik AG (SA), Intershop Communications Inc., Cybio AG, Asclepion Meditec ou Analytik AG à Iéna et Geratherm Medical AG à Geschwenda ont réussi à s’introduire en bourse.
Les entreprises suivantes sont considérées comme des modèles dans les différents secteurs industriels en Thuringe :
La culture et l’histoire sont très présentes en Thuringe grâce aux nombreux châteaux-forts, châteaux, musées, théâtres et galeries. Des monuments historiques architecturaux datant du Bauhaus ou des sites tels les Kyffhäuser attirent chaque année des milliers de visiteurs. Et, bien évidemment, la Thuringe est indissociable de noms comme Bach et Goethe, Schiller et Wieland et de lieux tels que la Wartburg et Weimar. De nombreux théâtres et orchestres symphoniques viennent s’ajouter à ce patrimoine historique.
En outre, la réputation de nombreux événements culturels dépasse les frontières de l’État de Thuringe. Les grands événements thuringiens sont, en fonction des goûts de chacun, le Weimarer Kunstfest (le festival de l’art de Weimar), la Kulturarena (les arènes de culture) de Iéna, les Thüringer Bachwochen (semaines thuringiennes de Bach), le Thüringer Orgelsommer (l’été thuringien de l’orgue) ou le Tanz- und Folkfestival (festival de danses et de musiques du Monde) de Rudolstadt.
La Thuringe dispose de nombreuses institutions d’enseignement supérieur et de recherche : 4 universités, 1 école supérieure de musique, 4 écoles supérieures spécialisées (Fachhochschulen), ainsi que 15 instituts extra-universitaires de recherche dont dix font partie des sociétés Max-Planck, Fraunhofer ou Leibniz.
Entre 2009 et 2013, le gouvernement de Thuringe mettra à la disposition des établissements d’enseignement supérieur, de recherche et d’innovation environ 2,8 milliards d’Euros. Il s’agit de fonds régionaux, fédéraux et européens (EFRE/ESF). L’objectif de cette initiative interdisciplinaire consiste à soutenir de façon durable la force scientifique et économique de la Thuringe en développant les structures existantes dans le domaine de la recherche, en renforçant les capacités novatrices et créatives de cluster, en améliorant la coopération entre la science et l’industrie, en augmentant les forces novatrices des PME et en s’occupant de l’emploi qualifié des jeunes.
L’élément central de cette initiative est la stratégie thuringienne pour la recherche « Thüringer Forschungsstrategie », élaborée et signée d’un commun accord par le gouvernement de Thuringe et les établissements d’enseignement supérieur et de recherche.
Le nouveau programme Landesprogramm „ProExzellenz“, avec un budget de 50,3 millions d’Euros, soutient des mesures importantes visant à renforcer la recherche, l’innovation, les jeunes talents et l’enseignement entre 2008 et 2011. Parmi les objectifs principaux de ce programme, on compte le développement et le renforcement des actuelles structures de recherche, la recherche des jeunes talents, le renforcement de la capacité novatrice, la création de clusters et le soutien à l’enseignement.
Le Land de Thuringe a investi en moyenne 800 Mio. € chaque année de 2003 à 2006 dans la science, la recherche et le développement, alors que le budget total de recherche et de développement en Allemagne a augmenté de 20% entre 2000 et 2008. L’éducation reste cependant l’une des trois priorités du gouvernement de Thuringe.
En 2005, 9.785 personnes travaillaient dans le secteur de la recherche et du développement en Thuringe.
Depuis le semestre d’hiver 2007/2008, plus de 50.000 étudiants sont inscrits dans les établissements d’enseignement supérieur en Thuringe, ce qui constitue la moyenne du nombre d’étudiants par habitant en l’Allemagne et ce nombre augmente de 2000 à 3000 chaque année depuis la réunification. Le Land dispose de nombreuses institutions d’enseignement supérieur :
Université Friedrich Schiller de Jena (Recteur : Prof. Dr. Dicke)
Fondée en 1558, l’université de Jena est la plus grande université de Thuringe et répartit ses 20.866 étudiants (semestre d’été 2008) dans les facultés suivantes :
La ville de Jena et son université bénéficient d’une longue tradition dans le domaine de l’optique (Carl Zeiss y créa son premier atelier d’optique en 1846, présence de l’entreprise Jenoptik, premier groupe technologique du Land).
Université technique d’Ilmenau (Recteur : Prof. Dr. Scharff)
Fondée en 1894, l’université d’Ilmenau répartit ses 6.400 étudiants entre les facultés suivantes :
La faculté d’électrotechnique de l’université d’Ilmenau est particulièrement réputée pour ses programmes de recherche dans le domaine des communications sans fils Ultra-Wide Band (projet de démonstration WLAN du ministère allemand de l’éducation et de la recherche BMBF) et les réseaux internet à très hauts débits (présence d’un cluster G-WIN).
Université de Weimar (Recteur : Prof. Dr-Ing. Zimmermann)
Cette université créée en 1860 accueille 3.600 étudiants répartis dans les facultés suivantes :
Le bâtiment de cette université est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. L’université de Weimar est surtout connue pour sa faculté d’architecture, mais est aussi bien cotée en sciences des média.
Université d’Erfurt (Président : Dr. habil. Bergsdorf)
Fondée en 1392, fermée en 1816 et réouverte en 1994, l’université d’Erfurt répartit ses 4.000 étudiants dans les facultés suivantes :
Ses points forts sont sa très forte orientation vers l’international depuis sa réouverture en 1994 (bachelor, master, coopérations bilatérales), sa formation continue dans le domaine des relations publiques (public policy) et sa tradition littéraire, héritière de la période romantique et de Goethe.
En outre, il existe une « Grande Ecole de musique » (Hochschule für Musik Franz Liszt Weimar, 850 étudiants) et 4 écoles supérieures spécialisées (Fachhochschulen) totalisant 15.258 étudiants dans l’Etat de Thuringe :
La politique de recherche et de développement technologique de la Thuringe a été confrontée après la réunification de 1989 à la nécessité de construire une infrastructure de recherche et d’enseignement supérieur concurrentielle au niveau national comme international. Le processus de restructuration et de construction de cette infrastructure a, en très grande partie, été financé par les deniers publics, car la majorité des entreprises de Thuringe sont des PME, qui ne disposent pas de capitaux propres très importants.
La promotion des capacités de recherche et développement des PME et la création de réseaux entre universités, institutions de recherche publiques et entreprises du secteur commercial sont aussi un des objectifs prioritaires du Land.
Dans le même temps, la Thuringe essaye de :
La politique de recherche et de technologie de Thuringe se concentre sur les domaines-clés suivants :
Le Land de Thuringe accorde également une grande importance au soutien de start-ups orientées vers les technologies, par exemple au travers de l’initiative thuringienne pour les start-ups GET UP.
La Thuringe est traditionnellement reconnue pour ses activités de recherche en :
et est très active dans les secteurs à forte croissance suivants :
Le Land de Thuringe dispose de 3 instituts Max-Planck, 3 instituts Fraunhofer et 4 instituts Leibniz, ainsi que d’autres institutions de recherche, ne faisant partie d’aucune grande structure fédérale :
Le réseau de compétence « BioInstruments de Iéna » (BioInstrumente Jena) a été conçu conjointement par les acteurs économiques et scientifiques qui se sont appuyés sur les atouts de la région pour dégager les domaines prioritaires suivants :
Grâce à la coopération entre les acteurs issus des milieux économiques, politiques et de l’enseignement, le réseau de compétence « BioInstruments de Iéna » est en mesure de soutenir de jeunes scientifiques qui souhaitent franchir le pas et créer une entreprise de haute technologie. A cet effet, le réseau a mis en place une série de mesures pour attirer de jeunes entreprises high tech sur le pôle technologique de Iéna et les accompagner pendant leur phase de démarrage. Le chiffre de 34 créations d’entreprises s’inscrivant dans le profil BioInstruments témoigne de l’importance technologique éminente de la région et du dynamisme de son réseau de biotechnologies.
De la recherche en médecine et en ingénierie médicale à la valorisation industrielle en passant par la mise à l’essai, le centre de compétence OphthalmoInnovation de Thuringe couvre toute la chaîne de création de systèmes pour le diagnostic fonctionnel objectif et la thérapie laser en ophtalmologie.
Toutes les activités de recherche et développement du centre de compétence visent à développer ou à perfectionner des produits et services innovants pour l’ophtalmologie, à savoir : des systèmes de diagnostic fonctionnel pour l’appréciation objective des fonctions du mécanisme de la vision, du métabolisme et de la micro-circulation oculaires ; des systèmes thérapeutiques pour l’application du laser en ophtalmologie.
Le centre de compétence OptoNet, dont le siège est à Iéna, réunit plus d’une soixantaine d’acteurs du monde de l’entreprise, des universités, des écoles supérieures et des institutions de recherche, mais aussi des banques, des collectivités locales et des institutions régionales pour œuvrer au développement des technologies optiques et contribuer par là même à assurer l’avenir de la Thuringe.
Les champs d’action de ce réseau de compétence sont :
Le pôle de recherche du land de Thuringe « Traitement d’images, reconnaissance des formes et systèmes de vision techniques » (Bildverarbeitung, Mustererkennung und Technische Systems (BMTS) a été mis en place en 1997 à l’initiative du ministère de la Science, de la Recherche et de l’Art de Thuringe, de l’université technique d’Ilmenau et du centre de recherche sur le traitement des images et des signaux d’Ilmenau. Faisant office de bureau de coordination, le BMTS a créé un réseau d’information et de coopération qui rassemble les compétences ayant trait aux besoins économiques et au développement scientifique du land de Thuringe. Le réseau a mis en place des banques de données qui recensent les équipements informatiques et les logiciels disponibles, des exemples de solutions, des images d’essai et les équipements techniques spéciaux pouvant être utilisés en commun. Le BMTS a défini quatre grands projets qui tiennent compte des tendances actuelles du développement et ciblent les principaux groupes de produits et branches industrielles de Thuringe :
Le pôle de recherche BMTS regroupe une cinquantaine d’entreprises et d’organismes (chiffre d’affaires mondial : env. 41 millions de €).
Des progrès importants ont été réalisés en Thuringe ces dernières années en ce qui concerne le transfert des technologies. Les statistiques sur les dépôts de brevets montrent que la compétence technologique a continué de s’améliorer dans les entreprises innovantes, les universités et les institutions de recherche. Le nombre de brevets déposés par la Thuringe à l’Office allemand des brevets et marques déposées a baissé de 21% entre 2002 et 2008, passant de 762 à 605, ce qui place le Land en troisième position des Länder de l’Est en termes de taux de dépôts de brevets par habitant.
Des Centres thuringiens pour les chercheurs (Erfinderzentrum Thüringen) ont été créés pour soutenir les entreprises, les chercheurs indépendants et les institutions de recherche dans le développement, la protection et l’utilisation des droits de propriété industrielle.
Plus de la moitié des applications proviennent des universités et des institutions de recherche extra-universitaires. C’est pourquoi des universités et des institutions de recherche veulent développer leur coopération en établissant un réseau pour les brevets et leur exploitation, avec le soutien du Ministère Fédéral de l’Education et de la Recherche (BMBF). L’objectif est de regrouper les compétences et de mettre les ressources existantes à disposition de toutes les infrastructures. Le Centre d’information sur les brevets et de services en ligne, situé à l’école supérieure spécialisée (Fachhochschule) d’Ilmenau, coordonne le projet. Il a été doté d’un centre de commercialisation des propriétés industrielles.
Les universités et institutions de recherche de Thuringe participent avec de plus en plus de succès à des projets internationaux, comme par exemple au Projet « Génome humain » entre 1990 et 2003.
Pour continuer à développer les opportunités de s’engager dans des projets internationaux, trois administrateurs spécialisés dans la recherche européenne, situés dans les universités d’Ilmenau, Jena et Weimar, conseillent les scientifiques et chercheurs en ce qui concerne les opportunités de soutien de l’Union Européenne, et coordonnent la coopération avec l’Union Européenne depuis 1999. Depuis la mise en place de ce réseau, les fonds reçus de l’Union Européenne ont considérablement augmenté.
Site : www.fh-erfurt.de
Site : www.fh-jena.de
Site : www.fh-nordhausen.de
Site : www.fh-schmalkalden.de
Site : www.bgc-jena.mpg.de
Site : www.ice.mpg.de
Site : www.mpiew-jena.mpg.de
Site : www.iof.fraunhofer.de