Les acteurs de la Recherche

L’Allemagne compte quatre grands organismes de recherche extra-universitaires disposant d’une autonomie de gestion (définition des projets scientifiques, allocation des budgets entre les centres, instituts et laboratoires) et bénéficiant de financements conjoints Etat fédéral/Länder. Il s’agit d’organismes dont les champs de recherche sont pluridisciplinaires et les missions complémentaires en termes d’objectifs :

  • La Société Max Planck (MPG), orientée vers la recherche fondamentale ;
  • La Société Fraunhofer (FhG), orientée vers la recherche appliquée et le transfert technologique ;
  • La Communauté des centres de recherche Helmholtz (HGF), regroupant les grandes infrastructures de recherche ;
  • La Communauté Leibniz (WGL), tournée vers la recherche appliquée dans les régions.

 

La Société Max Planck (Président : Prof. Dr. Martin Stratmann, chimiste)

La Société Max Planck est une organisation indépendante d’intérêt public qui mène des travaux de recherche fondamentale dans les domaines des sciences naturelles, sciences de la vie et sciences humaines et sociales. Elle complète ainsi, par ses moyens et ses activités, les structures universitaires dans les domaines de recherche qui demandent davantage de pluridisciplinarité, de moyens matériels ou de personnel. Depuis sa création en 1948, la société a compté 17 Prix Nobel parmi ses chercheurs. La MPG comprend 83 instituts et emploie environ 17.000 personnes, dont 5.500 chercheurs.

En 2014, le budget de la Société Max-Planck s’élevait à 1,6 Md€. L’Etat fédéral et les Länder participent à ce financement à hauteur de 80%, les 20% restants proviennent du financement de contrats pour des projets et de ressources propres. Les activités menées au sein des instituts Max-Planck couvrent trois grands domaines de recherche : physique-chimie, biologie-médecine et sciences humaines et sociales.

 

La Société Fraunhofer (Président : Pr. Dr.-Ing. Reimund Neugebauer, ingénieur en génie mécanique)

La Société Fraunhofer est un organisme spécialisé dans le transfert technologique, l’innovation et la recherche appliquée en direction de l’industrie, des services et du secteur public. En 2014, le budget de la Société Fraunhofer s’élevait à 2 Md€. 70% du budget proviennent de financements sur projets, dont 66% de contrats passés avec l’industrie et 33% avec le secteur public. Le financement institutionnel – environ 20 % du budget provient de l’Etat fédéral et 2% des Länder – permet aux instituts de mener des recherches plus académiques afin d’anticiper les besoins de la société civile.

La FhG emploie plus de 24.000 personnes, dont 12.000 chercheurs. Il existe 66 instituts Fraunhofer, regroupés en sept alliances thématiques (Verbünde) : technologies de l’information et de la communication, défense et sécurité, microélectronique, sciences du vivant, techniques des surfaces et photonique, technologies de la production, matériaux.

 

La Communauté Helmholtz (Président : Prof. Dr. Otmar D. Wiestler, neurologue et neuroscientifique)

La HGF est composée de 18 centres de recherche. Sa structure repose sur les six piliers thématiques au sein desquels les centres mènent des recherches dans le cadre de programmes stratégiques : énergie, terre et environnement, santé, technologies clés, structures de la matière, transport et espace. La communauté Helmholtz a ainsi adopté un concept de financement de la recherche basé sur des appels à projet, qui a mis fin au soutien institutionnel récurrent jusqu’alors en vigueur. Ces programmes de recherche à long terme sont élaborés par les scientifiques de la HGF et les centres de recherche sont mis en concurrence entre eux.

La HGF employait fin 2011 37.148 personnes dont 15.169 chercheurs, 6.789 doctorants, et 1.657 apprentis. Son budget 2015 est de 3,99 Mds€, dont 70% proviennent de l’Etat fédéral et des Länder (dans un ratio de 90/10) et 30% proviennent des financements propres. Le président de la Helmholtz dispose d’un budget annuel propre appelé “Fonds d’impulsion et de mise en réseau”, destiné à faciliter la mise en place de mesures en vue d’atteindre les objectifs prioritaires de la HGF. Ce fonds de soutien, qui rentre dans le cadre du Pacte pour la recherche et l’innovation (cf. infra), confère à la communauté une plus grande flexibilité dans les actions stratégiques à mener.

 

La Communauté Leibniz (Président : Prof. Dr. Matthias Kleiner, ingénieur en génie mécanique)

La Communauté Leibniz rassemble 89 instituts dont huit musées de recherche. Son action est principalement régionale, orientée vers la recherche appliquée et le transfert technologique au sein des Länder. Le financement institutionnel de la WGL est assuré à parité par l’Etat fédéral et les Länder. Son budget 2013 s’élevait à 1,53 Md€, dont un tiers provenant de contrats (2/9 privés et 7/9 publics). La WGL employait, en 2013, 17.500 personnes dont  8.700 chercheurs.

Le spectre couvert par les domaines de compétence des instituts est très large mais au sein de cinq regroupements thématiques :

  • lettres, sciences humaines, et science de l’éducation ;
  • sciences économiques et sociales, sciences de l’aménagement de l’espace ;
  • sciences de la vie ;
  • mathématiques, sciences naturelles et sciences de l’ingénieur ;
  • sciences environnementales.

 

Les universités jouent également un rôle central dans le système de recherche allemand

Les universités sont au cœur du système de recherche allemand. Les projets de recherche universitaires sont les récipiendaires des fonds de l’Agence allemande de moyens pour la recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft, DFG). Chaque université est représentée au sein de la Conférence des présidents d’universités (Hochschulrektorenkonferenz, HRK), dont le siège est à Bonn (Rhénanie du Nord-Westphalie).

Dans le but d’améliorer leur profil de recherche, les établissements ont eu recours à différentes stratégies : être sélectionnés comme “Université d’élite” dans le cadre de l’Initiative d’excellence (cf. infra), travailler plus étroitement avec les organismes de recherche extra-universitaires (cf. l’Institut de technologie de Karlsruhe – KIT, Bade-Wurtemberg), se regrouper au sein d’alliances d’établissements. La plus proéminente de celles-ci est l’alliance des neuf universités techniques allemandes les plus fortes en recherche (TU9) : Aix-la-Chapelle (Rhénanie du Nord-Westphalie), Berlin, Brunswick (Basse-Saxe), Darmstadt, Dresde, Université Leibniz d’Hanovre (Basse-Saxe), KIT, Munich, Université de Stuttgart.

Pour renforcer la recherche au sein des établissements d’enseignement supérieur, deux initiatives ont également été mises en place. En décembre 2014, les Lander et l’Etat fédéral se sont accordés pour prolonger ces initiatives jusqu’en 2020.

 

L’Initiative d’excellence

Lancée en 2005, l’Initiative d’excellence (« Exzellenzinitiative ») est un programme de financement visant à renforcer la recherche universitaire allemande et à créer des pôles universitaires de premier plan. Pour ce faire, elle s’articule selon trois axes:

  • Le soutien au transfert de technologie, par la sélection de clusters d’excellence au sein d’universités ou d’organismes de recherche extra-universitaires collaborant avec l’industrie,
  • Le soutien à l’excellence scientifique, via la sélection d’écoles doctorales,
  • Le soutien à des “concepts d’avenir” des universités, également appelées “Universités d’élite”, pour promouvoir la recherche universitaire de pointe.

Abondé à 75% par l’Etat fédéral, et à 25% par les Länder, ce programme s’étend sur une période totale de douze ans. Les financements accordés sont organisés selon deux phases:

  • La première phase (2006-2011), qui a mobilisé 1,9 milliard d’euros (sélection de 39 écoles doctorales, 37 clusters et 9 concepts d’avenir)
  • La seconde phase (2012-2017), qui a mobilisé 2,4 milliards d’euros (45 écoles doctorales, 43 clusters d’excellence et 11 concepts d’avenir).

L’initiative d’excellence devrait être poursuivie après l’échéance du dispositif actuel, en 2017. La nouvelle mouture devrait davantage encourager les coopérations entre universités, ainsi que les partenariats avec les organismes de recherche extra-universitaires et l’industrie (afin de promouvoir la recherche appliquée de pointe).

 

Le Pacte pour la recherche et l’innovation

Initialement mis en place sur la période 2006-2010, le Pacte pour la recherche et l’innovation avait pour but de dynamiser la recherche allemande et de permettre d’atteindre les objectifs européens de Lisbonne (3% du PIB consacrés à la recherche en 2010). Il engageait les Lander et l’Etat fédéral à augmenter d’au moins 3% chaque année leurs contributions aux grands acteurs de la recherche (Société Fraunhofer, Communauté Helmholtz, Société Max Planck, Communauté Leibniz et l’Agence allemande des moyens pour la recherche DFG).

Bien que l’objectif initial des 3% du PIB n’ait été atteint qu’en 2013, le pacte a eu un impact positif significatif sur le système de recherche allemand. Il a de ce fait été prolongé, et la hausse a été revue à 5% par an pour la période 2011-2015, représentant un total de 1,14 milliards d’euros de fonds supplémentaires. Parmi les réussites du pacte, on peut citer le développement des collaborations de recherche entre les grands organismes et les universités, ou la mise en place de programmes transdisciplinaires, qui encourageaient les organismes à collaborer entre eux (15 projets de recherche coopérative établis entre la Société Max Planck et la Société Fraunhofer).

Le nouvel accord prévoit, à partir de 2016, de faire croître de 3% par an les dotations de l’Etat fédéral aux organisations de recherche. L’objectif est d’assurer à ces dernières une visibilité financière jusqu’en à 2020.

 

Nos rubriques

Actualités