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Nouvelle Stratégie High-Tech du gouvernement fédéral allemand

Le Conseil des ministres allemands a annoncé, le 3 septembre 2014, la réactualisation de la Stratégie High-Tech. Depuis huit ans, ce programme fixe les grandes orientations de la recherche et de l’innovation en Allemagne. La “Nouvelle Stratégie High-Tech” s’inscrit ainsi dans la continuité de la “Stratégie High-Tech” (2006-2010), et de la “Stratégie High-Tech 2020” (2010-2014).


Le Conseil des ministres allemands a annoncé, le 3 septembre 2014, la réactualisation de la Stratégie High-Tech. Depuis huit ans, ce programme fixe les grandes orientations de la recherche et de l’innovation en Allemagne. La “Nouvelle Stratégie High-Tech” s’inscrit ainsi dans la continuité de la “Stratégie High-Tech” (2006-2010), et de la “Stratégie High-Tech 2020” (2010-2014).

L’objectif de ce nouveau cadre stratégique est de permettre à l’Allemagne de devenir l’un des champions mondiaux en termes d’innovation. Pour cela, l’accent est particulièrement mis sur la recherche appliquée, et sur la nécessité de raccourcir les délais entre la recherche et l’apparition de nouveaux produits ou services. La Nouvelle Stratégie High-Tech doit également permettre de renforcer la croissance et la prospérité en Allemagne, en confortant l’attractivité et les exportations du pays. Enfin, cette réactualisation est également l’occasion d’adapter la Stratégie High-Tech, afin de mieux répondre aux grands défis contemporains (ville durable, énergies propres, médecine individualisée, société numérique, environnement de travail, …).

Dans la Nouvelle Stratégie High-Tech, l’idée d’innovation est entendue dans une acception large, qui recouvre autant les aspects scientifiques, technologiques que sociaux de la question.

Cinq enjeux ont présidé à la redéfinition de la Stratégie High-Tech:
– L’identification de six défis prioritaires
– La promotion des synergies et l’amélioration du transfert de technologie
– L’impulsion d’une dynamique favorable à l’innovation dans l’économie
– La mise en place d’un cadre propice à l’innovation
– La transparence et la participation

A. Identifier six défis prioritaires

A l’instar des précédentes, la Nouvelle Stratégie High-Tech fixe les priorités thématiques de la recherche et de l’innovation en Allemagne. Ces orientations sont choisies pour le potentiel de croissance qu’elles représentent, et dans la mesure où elles permettent de répondre aux défis sociétaux actuels. Les six défis prioritaires identifiés sont :
– Economie et société numériques (industrie 4.0, Big Data, services intelligents, Cloud computing, agenda numérique…)
– Economie et énergie durables (bio-économie, recherche énergétique, agriculture durable, ville durable, écoconstruction, approvisionnement en matières premières…)
– Innovation dans le monde du travail (services innovants, prise en compte du numérique dans le monde professionnel…)
– Santé et bien-être (lutte contre les maladies de civilisation, médecine individualisée, prévention, alimentation, innovations médicales…)
– Mobilités intelligentes (électromobilité, infrastructures et réseaux intelligents, véhicules innovants, transports maritimes et aériens…)
– Sécurité (cyber-sécurité, protection des données personnelles et des identités numériques…)

B. Promouvoir les synergies et améliorer le transfert de technologie

Partant du postulat que les interactions entre disciplines et acteurs favorisent l’innovation, la Nouvelle Stratégie High-Tech chercher à encourager les rapprochements entre entreprises, universités et organismes de recherche. Cela passe par :
– Un renforcement de la politique actuelle de clusters (internationalisation du programme “go-cluster”).
– De nouvelles mesures pour faciliter le transfert de technologie (développement du dispositif “VIP”, qui vise à accompagner les chercheurs dans la valorisation de leurs projets de recherche).
– Le développement des écoles supérieures spécialisées (Fachhochschule), qui sont souvent actives dans le domaine de la recherche appliquée, et bien intégrées dans leur environnement économique régional.
– Le soutien aux coopérations et partenariats internationaux.

C. Impulser une dynamique favorable à l’innovation dans l’économie

La Nouvelle Stratégie High-Tech ambitionne également de continuer à mettre en place un climat favorable à l’innovation dans l’économie allemande. Pour cela, les initiatives suivantes seront mises en place :
– Le développement des technologies-clé, dont les applications sont multiples et à forte valeur ajoutée (microélectronique, biotechnologies, énergie…).
– Une aide particulière apportée aux PME et start-ups innovantes, notamment via une redéfinition des instruments de soutien actuels (programmes “EXIST”, “go-Bio”, “IKT Innovativ”, “INVEST”,…).
– Le renforcement des capacités d’innovation des régions d’Allemagne connaissant des difficultés structurelles, et notamment des Lander est-allemands.

D. Mettre en place d’un cadre propice à l’innovation

Au-delà de l’économie, l’existence d’un cadre général valorisant l’innovation dans la société est un critère favorable pour son développement. La Nouvelle Stratégie High-Tech s’emploiera ainsi à favoriser la créativité, l’excellence ou encore l’esprit d’initiative dans la société allemande, et ce notamment auprès des jeunes. Cela passera par :
– La formation et l’enseignement, pour contribuer au développement d’une main d’oeuvre qualifiée, notamment dans les secteurs techniques et innovants. Pour cela, des initiatives visant à réaffirmer l’attractivité de l’apprentissage ou des carrières scientifiques et techniques seront conduites.
– Une politique d’accueil à l’égard des étudiants et chercheurs étrangers, souhaitant poursuivre leurs travaux en Allemagne.
– L’harmonisation des normes et des réglementations techniques, pour favoriser la diffusion des innovations. L’Allemagne réaffirme par ailleurs son soutien au brevet unitaire européen, actuellement en cours de ratification.
– L’amélioration des possibilités de financement des entreprises, notamment en rendant l’Allemagne plus attractive pour le capital-risque, et en soutenant l’essor des nouveaux modèles de financement (crowdinvesting et crowdfunding notamment).
– Profiter des possibilités offertes par les nouvelles technologies pour encourager et diffuser l’innovation (soutien aux dispositifs d’Open-innovation – plates-formes collaboratives dédiées à l’innovation, mutualisées entre start-ups, PME et laboratoires R&D de grands groupes – et d’Open-access – mise à disposition en ligne de contenus et travaux scientifiques -).

E. Renforcer la transparence et la participation

Considérant que pour être acceptées, les innovations ont besoin d’un ancrage suffisant dans la société, la Nouvelle Stratégie High-Tech s’attache à vouloir rapprocher les citoyens du monde de la recherche. Cela se traduit notamment par :
– Améliorer l’acceptabilité sociale des innovations scientifiques et techniques, via le développement de la concertation et du dialogue citoyen ;
– Soutenir le développement des sciences citoyennes ;
– Développer la communication scientifique ;
– Renforcer la transparence des politiques publiques de soutien à la recherche et à l’innovation.

Le pilotage de la Nouvelle Stratégie High-Tech est assuré par une commission composée d’acteurs de la recherche, du monde économique et de la société civile allemande. Elle est co-présidée par Andreas Barner, directeur général du groupe pharmaceutique Boehringer Ingelheim et président de la Fondation des donateurs pour la science allemande (Stifterverband für die deutsche Wissenschaft), et Reimund Neugebauer, président de la Société Fraunhofer.

Le gouvernement fédéral a annoncé mettre à disposition 11 milliards d’euros pour soutenir la Nouvelle Stratégie High-Tech cette année.

F. La recherche énergétique dans la Nouvelle Stratégie High-Tech

La politique de recherche dans le domaine de l’énergie est un élément stratégique de la politique énergétique du gouvernement fédéral. Le gouvernement fédéral a lancé des initiatives de promotion pour intégrer et faire progresser le concept de la transition énergétique dans le domaine de la recherche.

Les activités de recherche énergétique du gouvernement fédéral sont résumées dans le 6ème programme de recherche énergétique, lequel met l’accent sur la mise en oeuvre de la transition énergétique. Les questions de politique industrielle sont également abordées, tels que l’utilisation des technologies modernes afin d’augmenter l’efficacité dans les industries intensives en énergie, les petites entreprises et les ménages. L’exportation des technologies énergétiques modernes “made in Germany” est considérée comme un potentiel important associé à l’emploi et à la prospérité en Allemagne. En plus, les mesures de promotion constituent également une extension de la base technologique dans le secteur de l’énergie et sont donc une contribution au provisionnement pour risques pour l’ensemble de la société.

Les priorités du programme de recherche énergétique dans les domaines des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique :
– Stockage de l’énergie : Dans le cadre de l’initiative “stockage d’énergie” des activités sont menées liés au développement du stockage stationnaire de l’énergie. A mentionner sont ici par exemple le programme de recherche sur les systèmes de batterie, le couplage éolien-hydrogène (power-to-gas) et le stockage thermique.
– Réseaux d’électricité : L’initiative “réseaux électriques durables” promu des technologies innovantes dans les domaines de la gestion de l’exploitation du réseau, de simulation de systèmes d’alimentation et de la modélisation ainsi que de la conception et de la surveillance des réseaux électriques. En outre, il y a des mesures de démonstration et les programmes destinés à la planification du réseau et de la sécurité du système.
– Construction solaire / ville énergétiquement efficace : Une nouvelle initiative de recherche se concentre sur l’utilisation des technologies et des concepts innovants pour accroître l’efficacité énergétique. L’accent est mis sur l’intégration des technologies d’énergies renouvelables dans les bâtiments et les quartiers urbains. Cela contribue à la mise en oeuvre du projet “la ville future”.

Ces mesures sont complétées par d’autres sujets de recherche sur l’énergie. Il s’agit notamment de : l’efficacité énergétique dans l’industrie et la construction, la recherche sur l’énergie éolienne, sur le photovoltaïque, sur la biomasse et sur l’énergie solaire thermique, l’efficacité énergétique des bâtiments et des villes, l’intégration des énergies renouvelables dans le modèle énergétique de l’Allemagne et la transformation socio-compatible du système énergétique.

Les initiatives suivantes sont à noter :
– Dans le cadre de sa politique énergétique et du “programme énergétique à 10 points” le gouvernement fédéral réalignera les activités et les mesures de la plate-forme “recherche et innovation”.
– Le programme du gouvernement fédéral de recherche énergétique sera développé avec la participation des Lander et visera à renforcer la coopération avec les institutions de financement européennes.
– Le rapport annuel sur la recherche énergétique sera aménagé d’une façon de pouvoir intégrer les résultats du processus d’évaluation des progrès dans la mise en oeuvre de la transition énergétique (processus de suivi “énergie de l’avenir”). A cet effet, le nouveau système d’information “EnArgus” sera utilisé.
– Les résultats du projet “Systèmes énergétiques de demain” des académies des sciences allemandes seront inclus dans les rapports.
– Le rapport aidera à rendre la politique de financement plus transparente et fournira des informations sur la recherche énergétique au Parlement et au public.
– Au sein du “Forum de recherche pour la transition énergétique” le gouvernement fédéral a rassemblé des hauts représentants du milieu universitaire, de l’industrie, de la société civile et de la politique. Ensemble ils développeront un agenda stratégique de recherche qui définira les sujets de recherche qui contribueront à mettre en oeuvre la transition énergétique à moyen et à long terme.

Dans le domaine de la recherche en construction et des standards pour les bâtiments, la recherche sur le trafic, l’électro-mobilité, recherche dans les technologies de l’informations et des communications et la recherche pour le développement durable, le gouvernement fédéral encourage un complément au programme de recherche énergétique et le développement de technologies spécifiques au secteur énergétique.

 

Pour en savoir plus, contacts :

– Site internet de la Nouvelle Stratégie High-Tech : http://www.hightech-strategie.de/
– Plaquette de présentation de la Nouvelle Stratégie High-Tech : http://www.bmbf.de/pub/HTS_Broschure.pdf

 

Sources :

– “Aus Ideen schneller Innovationen machen”, communiqué de presse du Ministère fédéral allemand de l’enseignement et de la recherche (BMBF) – 03/09/2014 – http://www.bmbf.de/press/3650.php
– “Bundeskabinett beschließt neue Hightech-Strategie”, actualité du BMBF – 05/09/2014 – http://www.bmbf.de/de/24375.php

 

Rédacteurs :

– Kenny Abbey, kenny.abbey@diplomatie.gouv.fr – https://www.science-allemagne.fr
– Daniela Niethammer, daniela.niethammer@diplomatie.gouv.fr – https://www.science-allemagne.fr