Skip to main content

Dans le cadre de la stratégie internationale de la France pour une diplomatie féministe (2025-2030), le Service pour la Science et la Technologie s’est engagé dans une diplomatie scientifique féministe. Le dossier Femmes et Sciences, présente un état des lieux de la situation en Allemagne des femmes en sciences, ainsi que des politiques mises en place, avec quelques éléments de comparaison avec la France et d’actions franco-allemandes qui pourraient être mises en œuvre.

 

1 – En Allemagne, des écarts persistants entre femmes et hommes dans les études et métiers STEM / MINT

NB : l’acronyme STEM anglais pour Science, Technology, Engineering et Mathematics (Science, Technologie, Ingéniérie, Mathématiques), utilisé également en français, est l’équivalent de l’acronyme allemand MINT pour Mathematik, Informatik, Naturwissenschaften, Technologie (Mathématiques, Informatique, Sciences naturelles, Technologie). On maintient l’acronyme allemand quand il s’agit de mentionner des sources allemandes ou des travaux de source allemand.

Bien que la part des femmes dans les sciences, et en particulier dans les MINT augmente en Allemagne, elles restent minoritaires dans de nombreux domaines. La différence entre femmes et hommes se traduit dès le lycée avec un plus faible choix des femmes de débuter des études scientifiques. En effet, selon les données de l’Office fédéral de la statistique (Destatis), la part des femmes parmi les nouveaux étudiants en première année d’une filière MINT en Allemagne est de 35,1 % en 2022. Néanmoins, cette part a augmenté, puisqu’elle était de 31 % en 2002 et 34,5 % en 2021. En 2023, la part des femmes dans le nombre total d’étudiants en STEM/MINT est de 32,6 %, et la part des femmes diplômées en 2023 est de 33,9 % d’après le Mint-Data Lab.

De grandes différences existent cependant entre les diverses filières.

En 2023, les femmes sont ainsi majoritaires dans les filières qui participent des MINT suivantes :

  • Pharmacie (70,2 %)
  • Biologie (65,3 %)
  • Architecture (61,6 %)
  • Sciences naturelles (54,6 %)
  • Aménagement du territoire (52,2 %)
  • Géographie (51,7 %)

Les hommes sont en revanche majoritaires dans les filières qui participent des MINT suivantes :

  • Ingénierie des transports (86,6 %)
  • Electrotechnique (84,4 %)
  • Informatique (77,5 %)
  • Génie mécanique (76,6 %)
  • Sciences de l’ingénieur (76,3 %)
  • Physique et astronomie (71,13 %)

 

La faible part de femmes dans ces domaines d’études a des conséquences sur la part des femmes dans les métiers qui leur sont liés. Ainsi, d’après le rapport sur les MINT de 2025 de l’Institut de l’économie allemande (Institut der Deutsche Wirtschaft), la part des femmes dans les métiers MINT est de 16,4 % au troisième trimestre 2024. Cette part a également augmenté : en 2012, elle était de 13,8 %, ce qui en chiffres absolus correspond à une hausse de 875 100 à 1 188 100 femmes travaillant dans un métier MINT entre 2012 et 2024.

 

La part des femmes varie aussi fortement selon le type de métier MINT. D’après le rapport de 2023 de l’Institut de l’économie allemande, si l’on examine les différents métiers MINT au niveau des professions d’experts (Expertenberuf, c’est-à-dire ayant une formation scientifique avancée, incluant les professeurs et les chercheurs) et des activités à orientation technique, de grandes différences apparaissent. Au troisième trimestre 2022, dans les professions d’experts, la proportion de femmes est la plus élevée chez les biologistes et chimistes avec 46,7 %, ainsi que dans les autres professions d’experts en sciences naturelles avec 73,1 %. Elle est la plus faible dans les professions d’ingénieurs en énergie et électrotechnique avec 10,8 %, ainsi que dans les professions d’ingénieurs en transformation des métaux avec 11,6 %. Concernant les activités à orientation technique, la proportion de femmes la plus élevée se trouve dans les activités à orientation technique en sciences naturelles et mathématiques avec 89,4 %, et la plus faible dans celles liées à la transformation des métaux, avec 5 %.

Dans le milieu académique, la part des femmes ayant un poste de professeure est également plus faible que les hommes en Allemagne. En effet, d’après l’Office fédéral de la statistique, la proportion de femmes parmi les 51 900 professeurs titulaires à temps plein dans les établissements d’enseignement supérieur en Allemagne s’élevait à 29 % en 2023 (contre 28 % en 2022). Là encore, de nombreuses disparités apparaissent entre les différentes disciplines. Dans le domaine des sciences humaines, 43 % des postes de professeur étaient occupés par des femmes en 2023, et 38 % dans les disciplines artistiques. La part la plus faible a été enregistrée en ingénierie, avec seulement 16 % de femmes ou en mathématiques avec 24% de femmes.

Si la proportion des femmes professeures a légèrement augmenté ces dernières années en Allemagne, leur part diminue à mesure que le niveau de qualification augmente, alimentant ainsi le phénomène de « leaky pipeline ». En effet, d’après Innovative Frauen im Fokus, dès le début des études, les femmes sont légèrement plus nombreuses que les hommes à entamer un premier semestre à l’université (52,4 %). Elles sont proportionnellement plus nombreuses à obtenir un diplôme (53,2 %). Les femmes représentent ensuite 48,2 % des doctorants, soit une part un peu plus élevée que celle des femmes ayant effectivement soutenu leur thèse (46,3 %). La chute la plus marquée survient après le doctorat : seules un peu plus d’un tiers des habilitations sont obtenues par des femmes (36,9 %). Vient ensuite le poste de professeur, et il existe alors différents niveaux de carrière en Allemagne, qui se distinguent notamment par la rémunération et le prestige associé. En Allemagne, il existe trois catégories de professorats : W1, W2 et W3. Un professorat W1 est un poste de professeur junior, destiné aux jeunes chercheurs, et il est généralement temporaire afin de faciliter leur entrée dans une carrière universitaire. Les postes W2 offrent souvent une base solide pour un emploi permanent, tandis que les postes W3 correspondent au niveau de salaire le plus élevé et sont généralement associés à des responsabilités plus importantes en matière de recherche et d’enseignement. Concernant les différentes catégories de professeurs, la répartition hommes/femmes varie : les postes de professeurs juniors affichent presque la parité en 2023 (49,4 % de femmes), tandis qu’à l’échelon le plus élevé W3, le taux tombe à seulement 25 %.

 

Il existe enfin d’importantes disparités régionales. Berlin affiche la part la plus élevée de femmes dans les métiers MINT (22,5 %). Des taux également élevés sont observés à Hambourg (19,8 %) et en Thuringe (18 %). Le taux le plus bas est enregistré dans la Sarre, avec 13,7 %. La Bavière se place en huitième position avec 16,7 % de femmes dans les métiers MINT.

Ces données témoignent donc des disparités persistantes entre femmes et hommes dans les disciplines MINT en Allemagne, depuis le choix des études jusqu’à l’accès aux postes les plus élevés. Si la part des femmes a légèrement progressé, elle reste faible dans les filières les plus techniques et dans les métiers associés, avec de fortes variations selon les secteurs et les régions. Dans le milieu académique, le phénomène du « leaky pipeline » reste marqué : bien que les femmes soient nombreuses en début de parcours universitaire, leur proportion diminue nettement après le doctorat, notamment aux échelons les plus élevés de professeurs.

 

2- En France, des écarts similaires dans les études et métiers STEM / MINT

NB : à titre de comparaison, nous vous proposons des chiffres sur la situation en France.

En France, d’après le rapport « Filles et mathématiques : Lutter contre les stéréotypes, ouvrir le champ des possibles » de l’Inspection générale des finances et de l’Inspection Générale de l’éducation du sport et de la recherche de 2025, en 2024, plus de 60 % des diplômés de l’enseignement supérieur, notamment de master, sont des femmes. Cependant, cette féminisation de l’enseignement général et supérieur masque des disparités importantes dans les choix d’orientation et de qualification, qui demeurent extrêmement genrés. 

La part des femmes qui entrent dans les filières STEM de l’enseignement supérieur est structurellement faible :

  • En classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE), dans les filières scientifiques, la part des femmes n’était que de 24,7 % à la rentrée 2023-2024. Parmi les contingents les plus importants, seule la filière physique-chimie approche les 35 % ;
  • Dans les cycles universitaires en sciences fondamentales, la part des femmes n’était que de 32 % à la rentrée 2022. Au contraire, les femmes sont surreprésentées en médecine (65,5 %), sciences du vivant (65,6 %) et pharmacie (70,2 %) ;
  • En première année du cycle d’ingénieurs, à la rentrée 2023-2024, la part des femmes ne dépassait jamais 36 %, quelle que soit la provenance de l’entrée dans le cycle.

De même, au niveau des doctorats, de nombreuses différences apparaissent. D’après le rapport Femmes et hommes, l’égalité en question de l’INSEE (2022), si les femmes représentent 46,7 % des doctorats en 2020-2021, la présence des femmes par discipline de doctorat reflète leurs études supérieures précédentes. Ainsi, elles représentent seulement 23 % des doctorants en mathématiques, 27 % de ceux en sciences et technologies de l’information et de la communication et 30 % des doctorants en sciences de l’ingénieur. À l’inverse, la part des doctorantes atteint 54 % en sciences agronomiques et écologiques, 55 % en sciences humaines et sociales, et 58 % en biologie, médecine et santé.

De plus, en 2023, les femmes représentent environ 20 % des enseignants-chercheurs du secteur public en poste dans les domaines des mathématiques et de l’informatique, de la physique et des sciences de l’ingénieur. Parmi les STEM, seule la chimie échappe à cette sous-représentation, tout en demeurant loin de la parité, avec 38,3 % de femmes. En revanche, les femmes représentent à peu près la moitié des effectifs en biologie et sciences sociales. Ce déséquilibre est encore accentué parmi les postes de professeur des universités, avec seulement 16 % de femmes en mathématiques et conception de logiciels et 15,9 % de femmes en sciences physiques. Les femmes sont également sous-représentées parmi les organismes nationaux de recherche. Alors même qu’elles sont très majoritaires parmi les personnels de soutien (56,1 %), elles restent éloignées de la parité parmi les chercheurs (36,2 %).

 

3 – L’Allemagne déploie une stratégie de long terme pour encourager la présence des femmes dans les disciplines MINT, en particulier dans les milieux académiques

Depuis le début des années 2000, les autorités allemandes ont mis en place plusieurs dispositifs visant à encourager la participation des femmes dans les disciplines MINT. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de long terme portée par le ministère fédéral de l’Éducation et de la Recherche (BMBF) – aujourd’hui ministère fédéral de la Recherche, de la Technologie et de l’Espace (BMFTR) – avec pour objectif de répondre aux inégalités de genre encore marquées dans ces domaines. Elles ciblent différents niveaux du parcours scolaire, universitaire et professionnel, et mobilisent à la fois des financements, des réseaux et des programmes d’accompagnement.

En effet, au sein de la stratégie MINT du BMBF, lancée en 2008, est présent le champ d’action : « Créer des opportunités pour les filles et les femmes dans les MINT ». En 2008, a également été lancé le Pacte national pour les femmes dans les métiers MINT « Komm, mach MINT », un réseau à l’échelle nationale qui s’engage à susciter l’intérêt des filles et des femmes pour les filières d’études et les carrières professionnelles dans les domaines MINT. De plus, le BMBF a mis en place en 2015 la directive de financement intitulée : « Erfolg mit MINT – Neue Chancen für Frauen » (« Réussir avec les MINT – de nouvelles opportunités pour les femmes »). L’objectif de cette directive était d’identifier et de mettre en œuvre des mesures permettant de réussir les transitions scolaires et professionnelles dans le domaine MINT pour les filles et les femmes, et de soutenir les parcours féminins dans ces disciplines. Au total, 55 projets ont été financés par le BMBF entre 2016 et 2021, pour un montant total d’environ 20,5 millions d’euros.

Depuis 2021, l’initiative de financement du BMBF « MissionMINT – Frauen gestalten Zukunft » (« Mission MINT – Les femmes façonnent l’avenir ») vise à renforcer la visibilité des femmes dans les domaines numériques et l’IA, mobiliser l’expertise féminine dans les processus d’innovation, et transformer les cultures académiques et professionnelles vers plus d’équité en finançant des projets de recherche et de mise en œuvre innovants et durables visant à attirer et à encourager l’initiative des jeunes femmes lors des transitions entre école/études et études/emploi.

Enfin, dès 2008, le BMBF et les Länder ont créé le programme « Professorinnenprogramm » afin de maintenir davantage de femmes dans le système scientifique après le doctorat, augmenter leur participation à tous les niveaux de qualification et réduire davantage les inégalités existantes. Les universités peuvent alors participer au programme en soumettant des concepts d’égalité, évalués par des experts externes. Ces concepts comprennent une analyse spécifique de la situation propre à chaque université, sur laquelle s’appuient des mesures visant à promouvoir l’égalité. Les universités dont les concepts d’égalité sont évalués positivement peuvent recevoir un financement de démarrage pour la première nomination de chercheuses à des postes de professeures W2 et W3 permanents. La quatrième phase de ce programme a été lancée en 2023, « Professorinnenprogramm 2030 », avec comme nouveauté principale le nouveau label « Université forte en égalité » : les universités labellisées peuvent demander le financement d’un poste supplémentaire pour une chercheuse en voie de titularisation. Jusqu’à trois financements de démarrage sont accordés par université pour la première nomination de femmes à des postes permanents W2 ou W3. Les moyens financiers disponibles dans le Professorinnenprogramm 2030 sont un total de 320 millions d’euros avec un montant maximum de 165 000 euros par an et par poste de professeure pour un maximum de 5 ans.

L’ensemble de ces mesures illustre la volonté des autorités allemandes de soutenir une plus grande participation des femmes dans les disciplines MINT, et en particulier dans les métiers de la recherche et de l’enseignement supérieur. Si ces initiatives marquent une continuité dans les efforts engagés depuis 2008, elles s’inscrivent cependant dans un contexte où les inégalités de genre persistent, tant dans l’accès aux formations que dans les carrières scientifiques.

 

4 – Quelques politiques récentes mises en place en France, à titre comparatif

NB : Comme en Allemagne, des actions en France commencent dès le début des années 2000, avec notamment la création de l’Association Femmes & Sciences. Cependant, l’accent de ce dossier étant mis sur l’Allemagne, seuls certains exemples récents de politiques françaises seront présentés.

 

Récemment, plusieurs mesures ont été mises en place pour renforcer la place des femmes dans les sciences et l’innovation en France. Le plan interministériel entre les femmes et les hommes 2023-2027 « Toutes et tous égaux » vise à renforcer la participation des femmes dans les secteurs stratégiques et innovants. Concernant les femmes en sciences, le plan propose d’apporter un accompagnement global à 10 000 jeunes femmes désirant poursuivre des études supérieures dans les filières de la tech et du numérique en agissant sur l’ensemble des freins identifiés : ressources financières, confiance en soi, réseaux ; de mettre en place des objectifs cibles de mixité dans les enseignements de spécialité maths et physique-chimie en première, ainsi que l’option maths expertes en terminale ; et de mettre à disposition une plateforme créant le lien entre établissements scolaires et réseaux professionnels notamment féminins.

Concernant l’innovation, le plan souhaite développer un programme « Une entrepreneure, une mentor ». Ce programme permettra aux créatrices d’entreprises d’être suivies, en ligne, par une ou un mentor gratuitement pendant un à deux ans. De plus, l’objectif est de mesurer les écarts de représentation entre les femmes et les hommes parmi les créateurs et les repreneurs d’entreprises. Aller plus loin en examinant les causes – notamment financières – de ces écarts par la publication d’un baromètre annuel de l’entreprenariat féminin. Il existe également des initiatives comme Prologin (concours national d’informatique visant à promouvoir l’égalité entre les sexes et la mixité sociale) ou Femmes & Mathématiques (association encourageant la présence des filles dans les filières mathématiques et plus généralement scientifiques) participent également à cette dynamique, tout comme les programmes de mentorat dans les écoles et universités.

 

5 – Filles, femmes et science : des opportunités de coopérations franco-allemandes ?

L’Allemagne et la France présentent donc des tendances similaires, aussi bien dans les statistiques et leur évolution que dans les politiques publiques mises en place.

Les travaux du Service pour la Science et la Technologie ont permis de faire émerger les difficultés auxquelles les femmes font face dans les sciences (voir ainsi la série de portraits “coopérations féminines franco-allemandes” ou le bilan de la journée du 11 février 2026 “Making the Invisible Visible”).

Atelier “Making the Invisible Visible: intégrer la question filles femmes et science à la feuille de route franco-allemande de coopération scientifique et technologique”, 11 février 2026

  • Ainsi, elles subissent encore un sexisme latent quel que soit le domaine scientifique. Si elles font parfois face à des remarques directes, ce sont des actions subtiles qu’elles remarquent : leur parole est coupée plus fréquemment, leur idée n’est pas écoutée avant d’être répétée par un homme, on leur propose des rôles d’organisation plutôt que de décideurs.
  • La question de la maternité constitue un enjeu central pour les femmes scientifiques souhaitant avoir des enfants. C’est particulièrement le cas en Allemagne, où les dispositifs de garde d’enfants sont encore peu développés en comparaison avec la France. De plus, le regard que la société porte sur les femmes qui retournent travailler après avoir eu des enfants a un impact important. En Allemagne, le jugement porté sur les femmes qui travaillent à plein temps alors qu’elles ont des enfants demeure très marqué.
  • A ces difficultés, s’ajoute la précarité structurelle de l’emploi dans le milieu de la recherche, marquée par une généralisation des contrats à durée déterminée et par des exigences de flexibilité peu compatibles avec les responsabilités familiales, qui incombent toujours majoritairement aux femmes.
  • Obtenir un poste permanent, notamment de professeur, s’avère très difficile, surtout en Allemagne. Les femmes ont également encore souvent moins bien accès aux réseaux professionnels où elles sont moins bien représentées, alors même que les réseaux masculins restent très structurés.
  • Enfin, le sentiment d’illégitimité, ou « syndrôme de l’imposteur », est une réalité pour de nombreuses femmes en France et en Allemagne. Une impression de devoir constamment prouver davantage que leurs collègues masculins est particulièrement forte dans les milieux encore largement dominés par les hommes. Ce doute peut être accentué par une orientation scolaire encore très genrée : les filles intéressées par les sciences sont souvent orientées vers la médecine ou les sciences de la vie, au détriment d’autres domaines scientifiques qui leur seraient tout autant accessibles avec leurs résultats. Cela les conduit parfois à se réorienter plus tard, perdant ainsi un temps précieux dans leur parcours.

Ces similarités dans les difficultés et cette volonté commune d’agir pour soutenir les femmes en sciences en France et en Allemagne invitent à créer de nouvelles lignes de coopération entre les deux pays partenaires et à mettre ce sujet aux priorités de l’agenda de la coopération scientifique et technologique bilatéal. Cela peut se concrétiser par le partage de documents et de rapports pour mieux faire connaître nos écosystèmes respectifs, par le travail entre institutions « paires » comme le CNRS et la Max Planck Gesellschaft, en tirant des enseignements des réussites et des limites des initiatives existantes, et par la mise en place de dispositifs de soutien ciblés pour les chercheuses, tels que des bourses, ou du mentorat franco-allemand. Il s’agit aussi d’agir dès le collège et le lycée pour donner visibilité aux parcours féminins et susciter des vocations, et de mobiliser la culture scientifique et artistique – théâtre, photographie, médias – pour rendre visibles auprès du plus grand nombre les enjeux liés aux femmes dans les sciences.

 

6 – Des références pour aller plus loin

 

Sélection du bureau du livre de l’Institut français d’Allemagne, présentée le 11 février 2026

 

She Figures est le rapport phare de la Commission européenne sur le suivi de l’égalité entre les hommes et les femmes dans la R&I en Europe. Les fiches pays issues du rapport She Figures présentent des indicateurs comparatifs sur la place des femmes dans la recherche et l’innovation. Elles permettent notamment d’analyser la participation féminine dans les carrières scientifiques, l’enseignement supérieur et la production de connaissances en France et en Allemagne : She Figures fiches pays : France et Allemagne.

Un plan d’action de la Commission Européenne a été annoncé en 2024, visant à renforcer la participation des femmes dans les écosystèmes européens de recherche, d’innovation et d’entrepreneuriat technologique : Action Plan for Women in Research & Innovation and Start-ups

Un mécanisme de suivi des dépenses liées au genre permettant d’évaluer la part du budget d’Horizon Europe consacrée à la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes : Gender expenditure tracking dans Horizon Europe

Un rapport de l’Union Européenne analysant les effets de la mise en place des plans d’égalité de genre dans les institutions de recherche européennes. Il examine leur influence sur les pratiques organisationnelles, les carrières scientifiques et la gouvernance de la recherche : rapport ‘Impact of gender equality plans across the European research area’

Une page de la Commission Européenne présentant la stratégie européenne visant à promouvoir l’égalité de genre dans la recherche et l’innovation : https://research-and-innovation.ec.europa.eu/strategy/strategy-research-and-innovation/democracy-and-rights/gender-equality-research-and-innovation_en

Un rapport publié en 2022 par l’Académie nationale allemande des sciences Leopoldina, l’Union des académies allemandes des sciences et des humanités, et acatech – Académie nationale des sciences et de l’ingénierie : (2022) Women in science: developments and recommendations https://doi.org/10.26164/leopoldina_03_00734

Un article paru en 2025 dans Nature en psychologie du développement et économie de l’éducation, qui analyse la rapidité avec laquelle les différences de genre en mathématiques apparaissent au cours de la scolarité en utilisant des données francaises : Martinot, P., Colnet, B., Breda, T. et al. Rapid emergence of a maths gender gap in first grade. Nature 643, 1020–1029 (2025). https://doi.org/10.1038/s41586-025-09126-4 https://www.nature.com/articles/s41586-025-09126-4

Un article analysant la manière dont les individus forment des croyances sur leurs propres capacités : Müller-Pinzler, L., Czekalla, N., Mayer, A.V. et al. Negativity-bias in forming beliefs about own abilities. Sci Rep 9, 14416 (2019). https://doi.org/10.1038/s41598-019-50821-w

Une étude analysant l’introduction d’un système de loterie avant l’évaluation par les pairs dans un programme de financement allemand : Luebber, F., Krach, S., Paulus, F.M. et al. Lottery before peer review is associated with increased female representation and reduced estimated economic cost in a German funding line. Nat Commun 16, 9824 (2025). https://doi.org/10.1038/s41467-025-65660-9

Une étude analysant les écarts de genre dans l’attribution des récompenses scientifiques au sein des sociétés médicales allemandes entre 2000 et 2023 : Halling, T., Mambrey, V., Steinert, J. et al. The Gender Award Gap in German medical societies 2000–2023: the Fritz-Külz-Award as an example. Naunyn-Schmiedeberg’s Arch Pharmacol 398, 10877–10886 (2025). https://doi.org/10.1007/s00210-025-03892-8

Une plateforme allemande rassemblant des statistiques et analyses sur la participation des femmes à l’innovation, à l’entrepreneuriat et à la recherche : https://www.innovative-frauen-im-fokus.de/infopool/daten-und-fakten/

Retrouvez également la bibliographie proposée par le Bureau du livre de l’Institut français d’Allemagne à l’occasion du 11 février 2026.

 

Rédaction : Noela Müller, SST Berlin

Mise à jour : 12/03/2026