La séquence dédiée à l’intelligence artificielle a démontré la densité des coopérations existantes, tout en identifiant les conditions à réunir pour un changement d’échelle. Un atelier préparatoire avait été organisé en avril à Bonn, rassemblant déjà les clusters d’IA des deux pays et des représentants des organisations de recherche.
La France et l’Allemagne disposent d’écosystèmes dynamiques, appuyés par des stratégies nationales. La coopération bilatérale s’est intensifiée depuis 2019, à travers les partenariats entre Inria et DFKI, les clusters IA, les collaborations entre le Grand Équipement National de Calcul Intensif (GENCI) et le centre de Jülich, et les projets conjoints portés par les ministères.
Deux autres rapprochements ont été valorisés lors du forum : d’une part, le dialogue franco-allemand de l’IA pour l’industrie, coporté par Fraunhofer et INRIA ; d’autre part, les initiatives des organisations UDICE pour la France et U15 pour l’Allemagne, qui rassemblent les universités d’excellence en recherche (qui ont publié une déclaration dans la foulée du Forum).
Un diagnostic partagé s’est dégagé au sujet des talents : l’Europe forme d’excellents profils en IA mais peine à les retenir, en raison d’un différentiel salarial important avec les États-Unis. Le renforcement de programmes franco-allemands (masters, doctorats, écoles de recherche) est apparu comme un levier prioritaire. L’objectif est de transformer les coopérations existantes en parcours structurés, du master à la recherche appliquée.
Concernant les infrastructures, les deux pays ont investi massivement dans les supercalculateurs. Les représentants de GENCI et du centre de Jülich ont plaidé pour une interconnexion de ces ressources dans une « gigafactory virtuelle de l’IA », et pour un alignement stratégique dans le cadre des AI Factories européennes.
Les parties prenantes ont finalement présenté une position conjointe sur l’IA. Ce texte affirme que l’IA doit être développée dans une perspective humaniste, durable et souveraine, en protégeant les droits fondamentaux, les libertés, et l’environnement.
Il fixe quatre champs d’action :
(i) structurer l’écosystème autour d’une gouvernance partagée et de plateformes communes ;
(ii) fédérer les talents en soutenant des programmes conjoints et en intensifiant la mobilité ;
(iii) accélérer les coopérations en infrastructures, en particulier entre les supercalculateurs et les AI Factories ;
(iv) lancer des projets stratégiques conjoints sur des thématiques telles que les modèles génératifs, l’IA pour la cybersécurité, les puces IA, la santé ou l’observation de la Terre.