logo

Portail pour la Science de l'Ambassade de France en Allemagne

mariane

[Focus] Industrie 4.0 : l’Allemagne se voit comme un principal fournisseur de solutions

Un forum sur l’industrie 4.0 s’est tenu le 19 février 2015 à l’Institut Hasso Plattner (HPI) de Potsdam (centre de recherche sur les TIC créé et financé par le co-fondateur de l’entreprise SAP). L’évènement a été marqué par la visite du Ministre fédéral allemand de l’économie et de l’énergie Sigmar Gabriel, réaffirmant par sa présence […]


Un forum sur l’industrie 4.0 s’est tenu le 19 février 2015 à l’Institut Hasso Plattner (HPI) de Potsdam (centre de recherche sur les TIC créé et financé par le co-fondateur de l’entreprise SAP). L’évènement a été marqué par la visite du Ministre fédéral allemand de l’économie et de l’énergie Sigmar Gabriel, réaffirmant par sa présence son soutien au secteur. Au cours de ce forum, l’entreprise SAP a été particulièrement mise en avant par les solutions innovantes qu’elle a déjà intégrées avec succès dans diverses infrastructures (port de commerce, pipeline). Au-delà des questions techniques de sécurité des données et de mise en place de normes, le problème du manque de confiance a été largement pointé comme barrière à l’avancement rapide dans le domaine.

 

L’Allemagne comme pays moteur de la thématique

 

L’évènement, portant sur la mise en réseau au niveau mondial et l’auto-organisation des unités de production, a réuni 200 experts de l’industrie et du milieu académique.

Dans son discours, le ministre Sigmar Gabriel a décrit l’industrie 4.0 comme un moyen pour l’Allemagne de continuer à assurer le rôle de fournisseur d’équipements pour l’industrie au niveau mondial. Contrairement à d’autres pays, comme la France, l’Allemagne ne parlerait pas de “réindustrialisation”, le pays ayant réussi à conserver son tissu industriel. Le concept d’industrie 4.0 est porteur selon lui d’opportunités pour l’Allemagne. S’assurer d’un rôle moteur sur le sujet permettra à la fois de bénéficier d’un environnement propre et sécurisé de TIC sécurisée et d’une avance pour valoriser les normes que le pays a développées.

 

Des exemples d’applications à succès

Le financeur de l’institut et co-fondateur de SAP, Hasso Plattner, a pour sa part présenté les technologies de bases de données à haute vitesse développées par le HPI, qu’il considère comme un fondement à de nombreuses améliorations dans la gestion des entreprises.

 

Le directeur du développement de l’entreprise SAP est d’avis que la production ne représentera, à moyen terme, plus qu’une faible partie de la valeur ajoutée d’un produit. SAP a développé des plateformes d’analyse de mégadonnées (big data) qui permet aux clients de générer, à partir de leurs propres données, de nouveaux marchés. L’exemple de l’application au port de Hambourg a été évoqué : la solution de l’entreprise SAP regroupe les données sur les expéditions, sur les opérateurs de terminaux de containers, celles issues des parkings et d’autres fournisseurs de services et les regroupe sur une plate-forme basée sur le cloud. Le système permet une surveillance du trafic et l’information précoce des camions et navires. La solution a permis d’augmenter les opérations de transbordement du port de 14%, sans modification de l’infrastructure. Le trafic des camions et des porte-containers est lié aux ponts levants, réduisant les congestions. Une autre démonstration, via une “montre intelligente”, a montré les possibilités offertes par cet outil pour contrôler simplement les flux de travail d’une entreprise.

 

Dans le secteur automobile, un représentant de Daimler a rappelé la coopération établie depuis 2012 avec le fabricant allemand de robots industriels KUKA. Le constructeur se consacre au “Robot-Farming”, consistant à confier à un employé la gestion simultanée de plusieurs robots, en leur indiquant les tâches à accomplir.

 

Connexion et confiance seront les clés de la réussite

 

Le directeur du HPI, le Pr. Meinel, a souligné que dans le “monde intelligent” qui s’annonce, chaque objet pourra être contacté individuellement via les réseaux. En plus de grandes opportunités, telles que l’auto-contrôle de la production et de la maintenance à distance des machines, l’intervenant a souligné le défi qui consiste à assurer la sécurité d’une telle entreprise sur deux plans : en interne et vis-à-vis de l’extérieur.

 

Par ailleurs, le protocole IPv4, défini en 1981 et qui gère encore aujourd’hui la majorité des communications sur internet, se révèle insuffisant au vu du nombre d’appareils à connecter pour l’industrie du futur, ainsi que le niveau de sécurité à assurer. Une migration généralisée vers le protocole IPv6, permettant de nombreuses adresses, est recommandée.

 

Toutefois, rien n’est possible sans une connexion de qualité et une confiance des entreprises dans l’interaction homme-machine, la sécurité pour l’automatisation et le cloud computing.

 

Recommandations

 

Selon SAP, les entreprises doivent s’unir pour le développement des technologies tout en mettant l’accent sur la formation qui sera un élément clé de l’intégration de nouveaux supports.

Un professeur d’informatique de l’Université de Potsdam a par ailleurs posé la question de la définition de l’industrie 4.0. Pour lui, une usine vidée de ses employés, la persistance de vieux concepts industriels et la gestion top-down de la production vont à l’encontre du principe d’industrie 4.0. Des boucles de rétroaction doivent toujours être possibles à l’avenir, en lien avec des modes de production robustes, une capacité de traitement des informations en temps réel strict et une forte sécurité. L’universitaire a formulé quatre recommandations :
– Un modèle de données structuré ;
– L’accélération dans la mise en place de normes ;
– S’habituer au traitement de grandes quantités de données ;
– L’organisation du savoir-faire.

 

La conférence a fait apparaître les principaux défis actuels de l’industrie 4.0 en Allemagne : assurer une sécurité robuste, améliorer l’infrastructure, mettre en place rapidement des normes et générer la confiance des entreprises.

 

Pour en savoir plus, contacts :

Les interventions sont à retrouver au lien suivant (en allemand) : http://www.tele-task.de/archive/series/overview/1050/

 

Sources :

Participation du rédacteur à la conférence, le 19 février 2015 à Potsdam

 

Rédacteurs :

Aurélien Filiali, aurelien.filiali@diplomatie.gouv.fr – https://www.science-allemagne.fr

 

Origine : BE Allemagne numéro 693 (6/03/2015) – Ambassade de France en Allemagne / ADIT – http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/78071.htm