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[FOCUS] Édition 2016 du rapport de la commission d’experts sur la recherche et l’innovation (EFI)

La commission d’experts “recherche et innovation” (Expertenkommission Forschung und Innovation, EFI) a remis le 17 février 2016 son neuvième rapport annuel d’évaluation des performances technologiques et de la politique de recherche et d’innovation allemande à la chancelière, Angela Merkel, et à la ministre fédérale de l’Enseignement et de la Recherche, Johanna Wanka.


La commission d’experts “recherche et innovation” (Expertenkommission Forschung und Innovation, EFI) a remis le 17 février 2016 son neuvième rapport annuel d’évaluation des performances technologiques et de la politique de recherche et d’innovation allemande à la chancelière, Angela Merkel, et à la ministre fédérale de l’Enseignement et de la Recherche, Johanna Wanka.

Sommaire

  • Développements récents de la politique de recherche et d’innovation en Allemagne
  • Les thèmes-clés

 

La Commission EFI est composée de six enseignants-chercheurs, spécialisés en économie de l’innovation. Créée en 2006, à l’initiative du gouvernement fédéral, elle réalise un travail d’analyse de la performance du système de recherche et d’innovation allemand et émet des recommandations en vue de l’améliorer. Elle publie pour cela chaque année un rapport sur la recherche, l’innovation, et la performance technologique de l’Allemagne, qui dresse un état des lieux de la situation de la République fédérale.

Le rapport de la Commission EFI est traditionnellement structuré en trois parties :
– Présentation et analyse des derniers développements de la politique de recherche et d’innovation en Allemagne.
– Analyse détaillée de quatre à cinq “thèmes-clés”. Les thématiques choisies par la Commission correspondent généralement à des sujets pouvant présenter un enjeu stratégique pour l’Allemagne dans les prochaines années, d’où les comparaisons internationales et le traitement approfondi.
– Statistiques et données diverses.

Développements récents de la politique de recherche et d’innovation en Allemagne

 

Trois sujets sont traités dans la première partie du rapport :

  • Jusqu’à présent, les innovations technologiques occupaient une place prédominante dans la politique de recherche et d’innovation allemande. La commission recommande au gouvernement fédéral d’encourager davantage les innovations sociales – tout particulièrement celles qui sont susceptibles d’être économiquement viables, sans pour autant parler d’un changement de paradigme dans la politique de R&I du gouvernement fédéral.
  • Les “Patentbox” (déductions fiscales pour la propriété intellectuelle) ne devraient pas remplacer les aides fiscales à la R&D.
  • Les universités ne peuvent pas résoudre la crise des réfugiés, elles peuvent cependant contribuer à apporter des solutions, en surmontant les deux problèmes majeurs que sont o les compétences linguistiques et o l’authentification des certificats d’études et l’établissement d’un système d’équivalences pour ceux-ci.

Les thèmes-clés

Quatre “thèmes-clés” sont développés dans le rapport EFI cette année :

 

- La contribution des PME à la recherche et l’innovation en Allemagne

La Commission part du constat que l’innovation dans les PME allemandes (entre 5 et 249 salariés) est ralentie et moins performante que d’autres à l’échelle internationale, notamment par rapport à la France. Typiquement, pour 1000 euros dépensés par une PME, 500 euros sont des dépenses liées à l’innovation en France, contre seulement 210 en Allemagne (moyenne des années 2008, 2010 et 2011). Ceci serait dû, entre autres, au risque que prennent les PME en investissant dans l’innovation, qui demeure trop élevé, ainsi que le manque de main d’œuvre qualifiée et le manque de financements internationaux. La Commission souligne également l’absence d’aides fiscales pour la R&D en Allemagne – il n’y a par exemple pas d’équivalent au dispositif Crédit Impôt Recherche en Allemagne, et recommande au gouvernement fédéral d’en introduire afin de stimuler le potentiel d’innovation des PME et de contrecarrer la diminution du nombre de création d’entreprises.

 

- Les transformations dans le domaine de la robotique

Si à l’heure actuelle, dans le domaine de la robotique, l’Allemagne reste compétitive à l’international, elle est cependant très spécialisée dans le secteur de la construction automobile, et court le risque d’être devancée par les États-Unis, le Japon, la Corée du Sud et la Chine sur la “robotique de service”, marché qui va prendre beaucoup d’ampleur d’ici à 2020-2025. Pour cela, la Commission recommande au gouvernement fédéral d’adopter une “Stratégie robotique” pour donner une importance croissante à la robotique de service par rapport à la robotique automobile et créer davantage de formations (formations universitaires de pointe, MOOCs (cours massifs ouverts en ligne), formations continues).

 

- Les nouveaux modèles d’affaires dans l’économie numérique

La Commission constate que le gouvernement fédéral n’a pas su fournir les conditions favorables à l’établissement de nouveaux modèles d’affaires, aussi bien dans la branche des TIC que dans les start-ups. Elle recommande de mener une stratégie globale plus ambitieuse que l’actuel “agenda numérique” adopté par le gouvernement, et de faciliter l’accès à un capital-risque aux nouveaux acteurs de l’économie numérique, ainsi que la création d’un segment boursier spécialement pour les entreprises à forte croissance. La formation et l’acquisition de compétences spécifiques dans le domaine des technologies numériques devraient également être plus largement encouragées.

 

- L’E-gouvernance en Allemagne

L’E-gouvernance (gouvernance électronique) devait, d’après un souhait exprimé par le gouvernement fédéral, les Länder et les municipalités en 2010, être opérationnel d’ici à 2015. Or, la Commission estime que l’Allemagne a encore du chemin à faire, notamment en raison d’interfaces qui manquent de souplesse et de convivialité. Pour remédier à cela, la commission d’experts recommande la mise en place d’un portail Open Data. La mise à disposition des données publiques du gouvernement et de l’administration pourrait entraîner l’augmentation du nombre de services proposés en ligne aux particuliers et aux entreprises par le gouvernement fédéral, les Länder et les municipalités, par exemple l’immatriculation des voitures, l’obtention de certificats et de diplômes, les demandes de permis de construire, ou encore le signalement d’un changement de domicile.

Le rapport bisannuel du BMBF sur la recherche et l’innovation en Allemagne (Bundesbericht Forschung und Innovation, BuFI), apportant des éléments de réponse au rapport EFI, sera publié au mois de juin 2016.


Plus d’informations :


– La version intégrale du “Rapport sur la recherche, l’innovation et la capacité technologique en Allemagne 2016” de l’EFI est consultable en ligne (en allemand, version anglaise prévue à l’été) – http://www.e-fi.de/fileadmin/Gutachten_2016/EFI_Gutachten_2016.pdf
– Pour une synthèse du rapport 2015, voir l’article “Edition 2015 du rapport de la Commission d’experts pour la recherche et l’innovation (EFI)”, Science Allemagne, 07/04/2015 – https://www.science-allemagne.fr/fr/actualites/politique-de-la-recherche-innovation/politique-de-la-recherche/focus-edition-2015-du-rapport-de-la-commission-dexperts-pour-la-recherche-et-linnovation-efi/

 

Sources :

 

 

Rédactrice : Claire Speiser, claire.speiser[at]diplomatie.gouv.fr – www.science-allemagne.fr