Evaluer l’impact du génie génétique sur la société

 

Le ministère fédéral allemand de l’enseignement et de la recherche (BMBF) a lancé un programme de financement de projets de recherche, concernant l’impact des nouvelles méthodes d’ingénierie du génome (« genome editing ») sur la société.

De nouveaux outils de biologie moléculaire permettent de modifier de manière précise le génome des organismes : des « ciseaux moléculaires » reconnaissent certains domaines définis du génome, coupent l’ADN de manière contrôlée, et permettent ainsi une ingénierie du génome ciblée (modification du matériel génétique existant, ou introduction de nouveau matériel génétique).

Ces techniques sont aujourd’hui utilisées par les scientifiques du monde entier. Elles ont déjà été appliquées avec succès en biotechnologie industrielle ou pour la culture sélective des plantes, afin d’attribuer certaines propriétés aux plantes et micro-organismes, ou au contraire d’en supprimer. Les techniques de génie génétique peuvent également s’appliquer à l’animal et à l’homme, et ouvre des perspectives intéressantes pour le traitement de maladies génétiques. Certains projets de recherche testent déjà les possibles applications cliniques, mais le transfert à la pratique clinique n’est pas encore en vue. Dans le même temps, une discussion sur les risques de l’utilisation de ces techniques sur l’homme a commencée.

Afin de répondre aux questions sociétales posées par l’utilisation du génie génétique, le BMBF alloue jusqu’à 3,5 millions d’euros à des projets de recherche sur les aspects éthiques, juridiques, et sociaux des techniques modernes d’ingénierie génétique et de leurs applications possibles. D’après la ministre fédérale allemande de l’enseignement et de la recherche, Johanna Wanka, il est nécessaire de posséder des connaissances scientifiques solides afin de pouvoir évaluer la modification du génome. Il sera ensuite possible de déterminer en connaissance de cause comment utiliser ces techniques, et de fixer des limites.

Le BMBF soutient également l’organisation d’écoles d’été internationales sur ces thématiques. Celles-ci ont pour but de comparer les positions spécifiques des différents pays sur le sujet, et de permettre un échange interdisciplinaire.

Cette initiative fait partie du programme de financement intitulé « aspects éthiques, juridiques et sociaux des sciences de la vie modernes », et apporte une contribution au programme cadre de recherche en santé du gouvernement.

 

Sources :

 

Rédactrice : Rébecca Grojsman, rebecca.grojsman[at]diplomatie.gouv.fr – www.science-allemagne.fr