L’université de Kiel coordonne un projet de recherche européen de 15 millions d’euros sur les maladies inflammatoires

09 février 2017

La Commission Européenne finance le projet SYSCID, débuté le 1er janvier 2017 et mené par l’université de Kiel (Schleswig-Holstein), à hauteur de 15 millions d’euros sur 5 ans. Ce projet réunira un consortium de 15 partenaires académiques et industriels – dont 5 allemands – en provenance de 9 pays européens et se concentrera sur la recherche inflammatoire. 3 millions d’euros iront à l’Institut de biologie moléculaire clinique du Pr. Philip Rosenstiel, qui coordonnera l’ensemble du projet.

 

Trois pathologies sont visées par SYSCID : les maladies inflammatoires chroniques, le lupus érythémateux disséminé et la polyarthrite rhumatoïde. Les chercheurs voudraient trouver des signatures moléculaires présentes dans les tissus, le sang ou les cellules des patients, et pouvant prédire le développement de la maladie, afin que des thérapies adaptées puissent être adoptées en temps voulu. L’un des centres d’intérêt du projet sera les processus épigénétiques, au cours desquels des modifications chimiques de l’ADN permettent d’autoriser ou d’inhiber l’expression de gènes dans les cellules, contrôlant ainsi la spécialisation cellulaire, certaines fonctions ou le développement de pathologies.

 

En plus des changements épigénétiques, les chercheurs s’intéresseront aussi aux structures moléculaires des tissus ou du sang, et à la composition de la flore intestinale. Le but est de comprendre la programmation erronée des gènes afin d’en tirer des conclusions en vue d’un diagnostic précis et d’un traitement de la maladie.

 

Le projet utilise de nouvelles méthodes permettant l’analyse de profils moléculaires de plus de 10 000 cellules individuelles en parallèle. Ce type d’analyse permet d’éviter que de petites inflammations, telles qu’un rhume ou de la fièvre, viennent perturber les conclusions, comme c’est le cas avec la technique usuelle consistant à rechercher les marqueurs inflammatoires dans le sang. Dans la partie expérimentale, la correction des changements épigénétiques à l’origine des pathologies sera étudiée.

Le projet SYSCID s’appuie notamment par les travaux déjà effectué par d’autres initiatives, telles que le Programme d’épigénome allemand (DEEP) ou le Consortium international d’épigénome humain (IHEC), dans le but d’exploiter des données déjà collectées et de permettre leur utilisation pour le développement de nouvelles applications cliniques.

 

Source : “Kieler Forscher koordiniert millionenschweres Verbundprojekt in der Entzündungsforschung”, communiqué de presse du Ministère fédéral allemand de la Santé (BMG), 18/01/2017 – http://www.uni-kiel.de/pressemeldungen/?pmid=2017-010-horizon-2020-foerderung
“Combating Chronic Inflammatory Disease : New EU Project SYSCID Receives Almost 15 Million Euros”, article du CORDIS, 17/01/2017 – http://cordis.europa.eu/news/rcn/137735_fr.html

 

Rédactrice : Laura Voisin, laura.voisin[at]diplomatie.gouv.fr – www.science-allemagne.fr