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Les déchets agricoles pour fournir des biosurfactants pour les cosmétiques bios

Ces scientifiques cherchent à utiliser des déchets contenant des huiles, de la cellulose et tout résidu en provenance de l’agriculture biologique comme matière première pour le procédé biotechnologique en développement. Au cours de l’étude, différentes souches naturelles de micro-organisme seront examinées, en fonction de leur facilité d’utilisation et de leur disponibilité. Les objectifs principaux du projet sont de déterminer quelles souches sont stables dans le bioréacteur, quels biosurfactants sont produits et en quelles quantités lors de ce processus de fermentation.


Les tiges des plantes comme les épluchures terminent régulièrement et en grandes quantités en tant que déchets dans le secteur de l’agriculture biologique. Un projet financé par l’Union européenne confie aux chercheurs de l’Institut Fraunhofer pour les surfaces de séparation et les techniques de procédés biologiques (IGB) à Stuttgart (Bade-Wurtemberg), la coordination d’une étude en collaboration avec des partenaires internationaux du monde universitaire et industriel [1] dont l’intention est d’utiliser ces déchets pour la production de biosurfactants pour les cosmétiques naturels.

Certains micro-organismes produisent des agents de surface actifs connus sous le nom de biosurfactants. Les biosurfactants sont des molécules tensioactives produites par certains micro-organismes. Leur nature tout comme leur pouvoir tensioactif sont fortement dépendants du type de micro-organisme utilisé (bactéries, levures, champignons), de la souche testée ainsi que du substrat nutritif disponible pour le développement cellulaire. Les tensioactifs ou agent de surface se trouvent en relativement grande proportion dans les produits de nettoyage, les détergents, de même que dans divers produits cosmétiques. Shampooings, gels douche et produits pour le bain sont composés jusqu’à 40% de tensioactifs. Ils abaissent la tension superficielle de l’eau, afin que l’huile et l’eau se mélangent. Chaque année, environ 18 millions de tonnes de tensioactifs à base de pétrole sont produits principalement par voie chimique. Aujourd’hui, seulement un quart sont produits à partir d’huiles de ressources renouvelables, le plus souvent à partir des huiles de noix de coco ou de palme.

Quelques uns de ces biosurfactants sont produits industriellement et les coûts de leur production restent encore relativement élevés. Afin que l’utilisation des biosurfactants deviennent courante et plus lucrative pour la production de cosmétiques naturels, des chercheurs de l’IGB ont démarré le 1 janvier 2012 le projet O4S (Sustainable surfactant production from renewable resources through natural fermentation for applications in natural, organically-certified products) dans le but de développer la production de surfactants durables issus de ressources renouvelables par fermentation naturelle, pour des applications dans des produits naturels, certifiés biologiques. Il s’agit en d’autres termes d’un développement durable pour un processus de fabrication avec réduction des coûts.

Ces scientifiques cherchent à utiliser des déchets contenant des huiles, de la cellulose et tout résidu en provenance de l’agriculture biologique comme matière première pour le procédé biotechnologique en développement. Au cours de l’étude, différentes souches naturelles de micro-organisme seront examinées, en fonction de leur facilité d’utilisation et de leur disponibilité. Les objectifs principaux du projet sont de déterminer quelles souches sont stables dans le bioréacteur, quels biosurfactants sont produits et en quelles quantités lors de ce processus de fermentation. Un autre défi auquel devront faire face les scientifiques sera la préservation de l’aspect écologique de la production tout en favorisant le côté économique de l’expérience.

“Par rapport aux tensioactifs classiques produits à partir de biosurfactants issus du pétrole, les matières premières biologiques sont respectueuses de l’environnement, biocompatibles et biodégradables”, comme le souligne Ana Lucia Vasquez, coordinatrice du projet O4S. “Leurs structures peuvent être plus complexes, mais leur potentiel d’action plus large encore”. Certains agissent comme antimicrobiens, ce qui pourrait être d’un intérêt pour les nettoyages de peau, d’autres sont moussants et repoussent la saleté, et sont ainsi utilisés dans les gels douche et les shampoings.

Certains produits fabriqués pourraient également être envisagés dans le futur, pour des applications dans les industries alimentaires et pharmaceutiques, de même que pour l’assainissement de l’environnement et la détoxication d’eaux usées. “L’utilisation des déchets de l’agriculture biologique, non seulement réduit les coûts de production, mais assure également la durabilité des tensioactifs”, conclue Ana Lucia Vasquez.

[1] Partenaires du projet O4S :

– NATRUE: International Natural and Organic Cosmetics Association (BE)
– Naturland – Verband für ökologischen Landbau e.V. (DE)
– Green Sugar (DE)
– Intelligent Formulation (UK),
– Farfalla Essentials (CH)
– Grüne Erde (AT)
– Biotrend (PT)
– Cremer Oleo (DE)
– VITO (BE)
– Institut Dr. Schrader Creachem (DE)
– Asociacion Riojana Profesional de Agricultura Ecologica (ES)
– Cevkor Vakfi (TR)

 

 

Sources :

“Agrarabfälle liefern Biotenside für die Biokosmetik”, dépêche idw, communiqué de presse du IGB – 9/03/2012 – http://idw-online.de/pages/en/news467333

 

Rédacteurs :

Myrina Meunier, myrina.meunier@diplomatie.gouv.fr – http://www.science-allemagne.fr