Conférence germano-coréenne sur le génie génétique

L’académie allemande des sciences Leopoldina et l’académie coréenne de science et technologie (KAST) ont organisé conjointement une conférence sur le génie génétique, les 19 et 20 septembre à Berlin. La conférence a permis de discuter des enjeux clés des nouvelles techniques de biologie moléculaire, appelées “genome editing”, et de leurs applications sur les plantes, les animaux, et à des fins thérapeutiques.

Ce symposium est le quatrième d’une série de conférences organisées dans le cadre de l’accord de coopération entre les deux académies, datant de mai 2012. Les trois premières étaient dédiées à la médecine régénérative, à la robotique de service et à la bio-imagerie.

 

La conférence a passé en revue le développement technologique des différents outils de génie génétique, des nucléases TALEN jusqu’aux systèmes CRISPR-Cas9 et CRISPR-Cpf1. D’autres sessions étaient consacrées aux utilisations sur les plantes, aux essais sur des souris et aux applications thérapeutiques.

 

Dans la présentation d’ouverture, Jin-Soo Kim, directeur du centre de génie génétique de l’institut coréen de science fondamentale, a présenté une technique appelée “Digenome-seq” qu’il a développée avec ses collègues. Celle-ci permet, par séquençage du génome, d’identifier systématiquement les séquences hors-cibles qui peuvent être mutées par CRISPR-Cas9 sur l’ensemble du génome. Le programme Digenome est disponible sur internet (www.rgenome.net). Jin-Soo Kim a également montré que les effets hors-cible peuvent être évités en utilisant des protéines Cas 9 purifiées et des guides ARN modifiés.

 

Emmanuelle Charpentier, co-inventrice de la technique CRISPR-Cas9, a retracé l’historique du développement de cette méthode, issue de l’étude des bactéries. Le système CRISPR-Cas est en effet le seul système immunitaire adaptatif chez les bactéries, la compréhension de son mécanisme a permis de développer un outil très rapide et efficace de génie génétique. Cet outil est utilisé pour l’introduction ou la correction de mutations, le remplacement de gènes, le marquage des chromosomes ou encore la modulation de la transcription.

 

Plus d’informations :

 

Source : Présence de la rédactrice à la conférence, le 19/09/2016 à Berlin

 

Rédactrice : Rébecca Grojsman, rebecca.grojsman[at]diplomatie.gouv.fr – www.science-allemagne.fr